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La petite bibliothèque de Casse-Pipe Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sylvain Marcelli   
09-08-2000
Une bonne manière de faire connaissance avec les gens est de découvrir le lieu où ils ont installé leur vie, et plus spécialement, leur bibliothèque. Ce que l'on appellera, en jouant un peu sur les mots, leur intérieur. Il faut voir d'abord comment, dans quel ordre, et où les livres sont rangés, si seulement ils sont rangés.

 

Aucune bibliothèque, même celles qui ont une prétention scientifique, aucune heureusement ne se ressemble. Aucune non plus ne saurait se vanter d'être exhaustive : la seule qui ait tenté un jour cet invraisemblable pari a brûlé. Toutes racontent leurs propriétaires - qu'on devrait plutôt appeler visiteurs.

Dont acte. Dans la bibliothèque de Casse-Pipe, on retrouve les polars les plus anars, on voyage au bout de la nuit, on bande pour le crime. Le noir, c'est la couleur qu'il faut, chante Louis Pierre Guinard, et la pochette du premier album du groupe, intitulé Chansons noires, parodie, lettres jaunes sur fond noir, la série noire de la NRF…

Séries noires d'assassinats, à la guerre ou ailleurs, à Craonne ou nulle part, les assassinés ont le sang noir. Séries blanches de résistance, à la barbarie, et au mépris, de la Rose Blanche aux camps de la mort. Échapper à l'oubli surtout, l'oubli qui ronge tout. Rimbaud, Modiano, Fassbinder, la bibliothèque devient portative, elle s'installe sur toutes les scènes, puisque Casse-Pipe chante ces auteurs-là aussi.

On bande pour le crime, mais pas seulement. On est Mélécass, comme dit Modiano, moitié flamme et moitié glace. Mélécass, le modèle d'un amour débarrassé de toutes frontières, de toutes les habitudes qui tuent à petit feu. Pour que le sordide, façon Fassbinder, quand les filles se font tirer et jeter, au sens propre du terme, pour que le sordide épargne les anges. Triste carnaval, les anges sont loin, les anges sont ailleurs, avec les voyageurs, Gare du Nord ou nulle part. Comme dans une chanson de Sylvie Rouch ou une autre de Mac Orlan…

Dans les dortoirs ou dans les cafés (peut-être) espagnols, on lit Cendrars, Blondin, Kerouac, les textes qui font rêver, qui donnent au soir la couleur délavée de l'espoir. On hésite à partir, mais pour aller où, alors on piétine, on détourne, on fuit. On lit toujours.

Et à tous les rayons on butte sur la même grande figure, maudite, truande, entre casse et classe, adorable : c'est Jean Genet, de Stilitano à Pilorge. Sévère, nécessaire, toujours en rupture, et toujours là, un bloc.

La bibliothèque de Casse-Pipe est peinte en rouge sang et sang noir.




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