L'Interdit
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| Rencontres de la photo à Arles : ce qu'il faut voir et ce que vous pouvez zapper |
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| Écrit par Stéphane Sarpaux | |
| 31-07-2008 | |
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La 39e édition des rencontres internationales de la photographie d’Arles propose jusqu'au 14 septembre 2008 pas moins de 60 expositions dans toute la ville, supervisées par le couturier Christian Lacroix. Mais à vrai dire, le meilleur de l'expo, ce n'est pas Lacroix mais ses invités…
Une image de Tim Walker, invité de Christian Lacroix (RIP d'Arles)
Début juillet, la ville d’Arles est envahie par deux drôles de tribus. D’un côté, les touristes qui visitent au pas de course derrière leur guide les vestiges romains de la ville, l’audio-guide autour du cou. De l’autre, les cultureux qui « passent la plus belle semaine de leur vie » en venant découvrir les expositions des Rencontres internationales de la photographie, la carte d’accréditation au cou. Quand ils se croisent, ces deux tribus se toisent, certains d’être du bon côté de la frontière. Au milieu, les Arlésiens haussent les épaules en pensant à leur chiffre d’affaires…
Alors, quoi de neuf pour cette édition 2008 ? Plus que jamais, la manifestation est coupée en deux. Les anciens ateliers de la SNCF rassemblent la moitié des expositions proposées tandis que les lieux investis dans la vieille ville sont de moins en moins nombreux (huit seulement). Or, un des charmes des rencontres d'Arles, c’était justement cette déambulation un peu hasardeuse qui vous faisait passer d’une église à une cour intérieure à un musée...
Ceci est une photo de mode
Ensuite, on a vu des photos de mode. Beaucoup de photos de mode, de "Vogue" à l’église des Trinitaires aux photos d’Avedon pour le "New Yorker" en 1995 (qui sont quand même bien inférieures aux portraits qui sont actuellement exposés au Jeu de Paume à Paris). D’autres encore, celles, conceptuelles de Grégoire Alexandre, un jeune photographe de 36 ans. Mais comment dire ? Ce ne sont que des photos de mode, de celles dont nous sommes inondées tout au long de l’année, de celles qui glissent sur le regard sans jamais l’accrocher, de celles qui existent avant tout pour vendre et pas pour émouvoir.
Et puis, il y a également chez Lacroix la volonté de régler ses comptes avec sa ville natale qui tourne un peu en rond. En dévoilant "les dessous de la maison Lacroix" à l’Archevêché et dans le cloître Saint-Trophime, il a voulu montrer son travail, en posant coupures sur photos de travail, le tout dans un fatras censé représenter l’effervescence créatrice.
Hélas, on a l’impression de rester à l’extérieur de cette bulle narcissique. Par exemple, ses portraits, tirés en grand format, contrairement au reste, sont à la limite du ridicule. Comme les huit grands portraits accrochés dans la cour d’entrée des ateliers SNCF. On l’atteint, le ridicule, au dernier étage du Cloître, avec les polaroïds de Jérôme Puch, chargé de communication de la maison Lacroix qui a pris l’habitude de se photographier avec les models qui sortent des plateaux de défilés…
Mais il serait injuste de réduire les RIP à ces expositions. La grande force de Christian Lacroix, c’est d’avoir inviter quelques-uns de ses amis photographes de mode à exposer leurs travaux personnels. François Hébel, le directeur des rencontres, devrait ainsi cette année construire une stèle en l’honneur de Paolo Roversi, Peter Lindbergh, Françoise Huguier, Pierre Gonnord et Grégoire Kornanow. Auxquels on peut ajouter Tim Walker et Samuel Fosso. Six expos, la pêche n’a pas été si mauvaise.
![]() Image : Paolo Roversi (RIP d'Arles)
Les expos à ne (vraiment) pas manquer
Paolo Roversi (église Saint Anne) et Peter Lindbergh (église des précheurs) sont amis. Ils aiment le noir et blanc et les belles femmes.
Le premier photographie dans son atelier parisien des femmes blanches nues sur fond blanc.
Peter Lindbergh a investi depuis sept ans la plage de Beauduc, en Camargue, pour photographier des bad boys et des filles maquillées qui laissent un indéniable trouble au visiteur.
L’un à l’intérieur, l’autre en extérieur, mais toujours cette fascination des regards menaçants ou désarmés.
![]() Image : Pierre Gonnord (RIP d'Arles) Aux ateliers SNCF, Françoise Huguier présente ses photos des habitants des derniers appartements communautaires de Saint-Pétersbourg dans une scénographie qui fait croire au visiteur que nous sommes justement dans un de ces appartements. Scène de vie quotidienne dans la chambre, la cuisine, la salle de séjour.
Les portraits en couleur de Pierre Gonnord, dans le même atelier, marquent durablement la pupille. Ses portraits en couleur de personnes rencontrées dans les rues de Madrid ressemblent à des tableaux de Velasquez ou de Goya. C’est ça d’habiter dans la ville qui héberge le musée du Prado.
Plus loin, dans l’atelier des mécaniques, Grégoire Korganow, connu pour ses photos backstage des défilés, présente pour la première fois ses portraits de femmes de détenus, prise au parloir ou chez elle.
![]() Image : Grégoire Korganow (RIP d'Arles)
Enfin, deux coups de cœurs pour le sourire qu’ils dessinent sur le visage des visiteurs, chose assez rare aux rencontres d'Arles, où il est bon ton de tirer la gueule pour apprécier l’art : les photos de l’anglais Tim Walker et le Camerounais Samuel Fosso (ateliers SNCF).
![]() Image : Samuel Fosso (RIP d'Arles)
Le premier réalise des montages loufoques et poétiques, comme ces tentes installés au milieu d’un salon british, ou cette neige qui entre par la fenêtre en plein été ou encore ces lits sur les toits de vieilles voitures et encore ces chiens-chiens à leur mémère teints en vert, jaune, orange, rose. Un voyage d’Alice au Pays des Merveilles qui célèbre l’humour et le non sens. Complètement anglais.
Samuel Fosso, lui, fait encore plus fort. « Vous serez beau, chic, délicat et facile à reconnaître » C’est le slogan de son studio ou l’homme se met en scène dans une multitude de personnages historiques ou d’icônes réjouissante (Samuel en dictateur, Samuel en funky, Samuel en boxeur, Samuel en prisonnier, Samuel en femme). La distance que l’homme porte à sa propre image mériterait d’être partagée par un plus grand nombre de photographes exposés…
Le site officiel :www.rencontres-arles.comLe plan des expositions :http://www.rencontres-arles.com/ARL/C.aspx?VP3=Renderer_VPage&ID=ARLP339Lire aussi :http://www.rue89.com/oelpv/arles-met-a-lhonneur-les-photos-dechirees-oubliees-meprisees-0http://alaintruong.canalblog.com/archives/2008/07/08/9852132.html
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En voiture, Christine