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Comment je me suis fait tabasser par une compagnie de CRS Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Patrick Mohr   
13-09-2008

"J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jours et par nuits dans chaque ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j’ai enduré". Récit circonstancié d'une interpellation, à Avignon, en été.

 

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Avril 2007, rue Jean Jaurès, Rennes. Photo trouvée sur Flick'r, signée wyzdor.

 

 

Je m’appelle Patrick Mohr. Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur. À Genève, je dirige une compagnie, je co-dirige un théâtre et je m’occupe également du festival "De bouche à oreille". Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement  au festival d’Avignon pour y découvrir des spectacles du "in" et du "off". Notre compagnie s’y est  d’ailleurs produite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j’ai assisté à de nombreux spectacles.

 

Le lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades d’une représentation d’une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l’ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d’acrobates. À la fin de leur numéro, je m’avance pour mettre une pièce dans leur chapeau lorsque j’entends le son d’un djembé (tambour africain) derrière moi. Étant passionné par la culture africaine - j’y ai monté plusieurs spectacles et ai eu l’occasion d’y faire des tournées - je m’apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kambelen Ngoni (sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l’Ouest).

 

"Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde !"

 

À peine commencent-ils à jouer qu’un groupe de CRS se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide à intervenir. Ayant déjà subi des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d’année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse. Le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j’étais plus âgé, que l’on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j’avais le droit de m’exprimer face à ce qui me semblait une injustice.

 

J’aborde donc un  des CRS et lui demande : "Pourquoi contrôlez-vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place ?" Réponse immédiate. "Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde !" "Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire." Regard incrédule. "Tes papiers !" "Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture." "Mets-lui les menottes !" "Mais vous n’avez pas le droit de…" Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres. "Tu vas voir si on n’a pas le droit." Et brusquement la scène a dérapé.

 

"Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe"

 

Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé, choqués, alors qu’ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière comme un poulet désarticulé et m’enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet et a  pénétré profondément mes chairs. J’ai hurlé : "Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras !" "Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir !" Et ils me frottent la tête contre les pavés, me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre.

La foule horrifiée s’écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser.  Des gens s’indignent, sifflent, mais personne n’ose interrompre cette interpellation d’une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu’à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 500 mètres plus bas. Là. Ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre, il me plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville il appuie de tout son poids contre une barre de fer. "S’il vous plaît, n’appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation." "C’est pour ma sécurité." Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu’au commissariat de St Roch. Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j’ai l’impression d’avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière.

 

"Vous êtes un sacré fouteur de merde"

 

On m’extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse. Je vous passe les détails de l’interrogatoire que j’ai subi dans un état lamentable. Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la femme qui posait les questions. "Vous êtes de quelle nationalité ?" "Suisse." "Vous êtes un sacré fouteur de merde." "Vous n’avez pas le droit de m’insulter." "C’est pas une insulte, la merde." (Petit rire.)

 

C’est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tous les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resteront gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subis dans ma chair. Je remarque que l’on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS. Mais la violence physique a seulement fait place au  mépris et à une forme d’inhumanité plus sournoise. Je demande que l’on m’ôte les menottes qui m’ont douloureusement entaillé les poignets et que l’on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j’aurais mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale.

 

Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu’ici on ne peut pas s’exprimer librement. Ils font volontairement traîner avant de m’enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite. Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte. "Enlevez vos vêtements !" J’ai tellement mal que je n’y arrive presque pas. "Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire. La boucle d’oreille !" J’essaye de l’ôter sans y parvenir. "Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir." "Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est tout !" Je force en tirant sur le lobe de l’oreille, la boucle lâche. "Baissez la culotte !" Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans une petite cellule de garde à vue. Quatre mètres de long par deux mètres de large. Une petite couchette beige vissée au mur.

 

"Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit"

 

Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépi Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid…… chacun laisse sa marque. L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillés de tâches de sang, d’urine et d’excréments. Un méchant néon est allumé en permanence. Le temps s’étire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m’empêche de dormir. J’ai l’impression d’avoir le cœur qui pulse dans ma main. D’ailleurs alors que j’écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.

 

J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jours et par nuits dans chaque ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j’ai enduré. Je sais aussi que si j’étais noir ou arabe je me serais fait cogner avec encore moins de retenue.  C’est pour cela que j’écris et porte plainte. Car j’estime que dans la police française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui sous le couvert de l’uniforme laissent libre cour à leurs plus bas instincts. (Évidemment il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup trop fréquents.)

 

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Avril 2007, rue Jean Jaurès, Rennes. Photo trouvée sur Flick'r, signée wyzdor.

 

 

"Nous étions tous traités avec un mépris hallucinant"

 

Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d’un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un État de Droit. J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un de profondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l’envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d’action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu’augmenter l’insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d’une partie de la population (des jeunes en particulier) face à la Police. En polarisant ainsi la population on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.

Comme je suis un homme de culture et de communication, je réponds à cette violence avec mes armes. L’écriture et la parole. Durant les seize heures qu’a duré ma détention (avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder 48h en garde à vue), je n’ai vu dans les cellules que des gens d’origine africaine et des gitans. Nous étions tous traités avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d’aller aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d’une demi-heure, personne ne venait. Il s'est mis à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit. "Qu’est ce qu’il y a ?" "J’ai besoin d’aller aux chiottes." "Y a une coupure d’eau." "Mais j’ai besoin." "Y a pas d’eau dans tout le commissariat, alors tu te la coince pigé." Mon voisin qui n’est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu’il est malade, qu’il va faire ses besoins dans la cellule. "Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt." Les coups redoublent. Une voix féminine lance d’un air moqueur. "Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ça nous en fera un de moins." Éclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie.

 

"J’erre dans la ville comme un boxeur sonné"

Après une nuit blanche, vers 9h du matin, on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s’occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar. "Hee bien, ils vous ont pas raté. C’est les CRS, ha bien sur. Faut dire qu’on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça." J’aimerais la croire.

 

Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et me faire connaître celle de ceux qui m’ont interpellé. J’apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique. C’est vraiment le comble. Je les aurais soi disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent-ils mentir aussi éhontément ? Je raconte ma version des faits à l’officier. Je sens que, sans vouloir l’admettre devant moi, il se rend compte qu’ils ont commis une gaffe. Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré.

 

J’erre dans la ville comme un boxeur sonné.  Je marche péniblement. Un mistral à décorner les bœufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d’aller tout de suite à l’hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux Urgences où je patiente plus de quatre heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle d’attente, je lis un journal qui m’apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper  6000 emplois dans l’éducation. Sur la façade du commissariat de Saint-Roch, j’ai pu lire qu’il allait être rénové pour 19 millions d’euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l’éducation. Pas de commentaires.

 

"Ma naïveté, je la revendique"

 

Je n’écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute suis-je naïf de m’indigner. La plupart des Français auxquels j’ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d’autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m’indigner face à l’injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C’est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. (Nous n’en sommes bien évidement heureusement pas encore là.)

 

Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la Place du Palais des Papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d’écrire leur version des faits et corroborent tous ce que j’ai dit. Ils certifient tous que je n’ai proféré aucune insulte ni n’ai commis de violence. Les témoignages soulignent l’incroyable brutalité de l’intervention des CRS et la totale disproportion de leur réaction face à mon intervention. J’ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d’énergie pour pouvoir tenter de les retrouver. Je n’ai pu en rassembler qu’une douzaine. J’espère toujours que peut-être quelqu’un ait photographié ou même filmé la scène et que je parvienne à récupérer ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui s’est passé.

 

"Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore"

 

Après cinq jours soudain, un monsieur africain m’a abordé, c’était l’un des musiciens qui avait été interpellé. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n’avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d’être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m’a dit qu’il habitait Grenoble, qu’il avait 3 enfants et qu’il était français. Qu’il viendrait témoigner pour moi. Qu’il s’appelait Moussa Sanou. "Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ?" "Oui." Nous nous sommes souri et je l’ai salué dans sa langue en Dioula.

 

Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera "Chaque homme est une race" et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou. Coïncidence ? Je ne crois pas. Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore.

 

La pièce commence par ce dialogue prémonitoire. Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : "Ma race c’est moi." Invité à s’expliquer il ajouta : "Ma race c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, monsieur le policier."




  Commentaires (12)
porter plainte
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 14-09-2008 06:36
C'est honteux pour la France. Tu as le devoir de porter plainte, avec une copie en accusé réception au ministre de la Justice Rachida Dati, puisque ce gouvernement veut une police "propre". Et si rien ne bouge, que l'Interdit le publie, on s'arrangera pour que ça soit sur tout l'internet, les moyens d'information ne manquent pas. la honte pour ce pays de ne pas respecter la liberté d'expression et culturelle.
Naïveté solidaire
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 14-09-2008 08:26
Comme je ne voudrais pas faire d\\\'un petit silence complice de plus le signe d\\\'un dédain partout trop présent, je souhaite encourager tous les témoignages comme celui là... Patrick Mohr, vous décrivez tellement bien le trouble perçu lorsqu\\\'on endure cette situation que je me revois il y a 13 ans... vous rendez une fierté à tout ceux comme moi, encore aujourd\\\'hui, qui revendiquent leur droit à la naïveté... Que la force soit en chacun de NOUS, nous n\\\'avons pas besoin de réfection de commissariats mais d\\\'hôpitaux, de crèches et de théâtres... Merci Dough pour ton boulot :-)
Je suis avec vous
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 14-09-2008 09:34
Je suis avec vous! J\'ai vecu presque la même chose. Je suis artiste Colombienne. En mars de cette année j\'ai été invité par VIDEOFORMES, Clermont Ferrand pour présenter une installation vidéo sur les problèmes de la nourriture dans le monde: iFood www.trinyprada.info Après le vernissage nous sommes allés prendre un verre dans un café restaurant. Soudain je vous un gros chien et des policiers. Un d\'eux, grand, crâne rasé se dirige vers moi et dit: Eh la pochtronne... il m\'a arraché l\'appareil photo, m\'a poussé vers l\'exterieur du café, il a jété appareil par terre et l\'a cassé!. J\'ai aussi assé la nuit en célulle, on m\'a demandé ma nationalité. Lorqu\'on m\'a mise en célulle j\'ai paniqué et ai demandé combien de temps j\'allais rester là. Vous sortirez avant Ingrid Bétancourt!!! m\'a répondu une femme policier!!! je vous laisse lire la suite.  
J\'ai eu le grand soutien de Vidéoformes ainsi que de l\'ensemble des personnalités de la Ville. Le lendemain la presse et la télé passaient l\'info. j\'ai porté plainte mais mon cas a été \"donné sans suite\"... J\'ai fait appel, j\'attends ce qui va se passer. En tant qu\'artiste, en tant qu\'être humain je dénonce cette injustice et je le fairai par la voie d\'un documentaire qui va j\'espère pouvoir montrer les failles de certains policiers à tendence \"fachistes\".  
Videoformes a crée un blog http://trinyprada.wordpress.com/ 
Je suis de tout coeur avec vous et si vous souhaitez vous pouvez me contacter: triny.prada (at) gmail.com 
Depuis ce 13 mars je suis encore choquée!!!
Ecrit par L'Interdit, le 14-09-2008 14:40
Oui, promis, Nana, L'Interdit suivra ce dossier. A tous les autres lecteurs : n'hésitez pas à nous faire part d'expériences similaires, dont vous auriez eu connaissance ou que vous auriez vécues... Il faut briser l'omerta !
Trop d'exemples, pas assez de témoignag
Ecrit par B, le 14-09-2008 22:25
Merci pour le témoignage. 
 
La violence policière est trop fréquente et trop banalisée. 
 
A lire : http://archives.tondeuse.eu.org/article.php3?id_article=201
bienvenue en fachocratie
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 17-09-2008 10:08
Malheureusement, tous les français savent ce que vous avez subis. Votre cas est tristement banal.  
Ce n'est pas gratuit ; l'objectif est évidemment de dissuader les citoyens de s'opposer à l'arbitraire. 
 
C'est comme cela que s'installe les dictatures modernes.
Pourquoi / Comment
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 20-09-2008 05:27
Dans toutes les professions, mais en particulier chez les avocats, les médecins et les policiers, qui sont confrontés journellement à des personnes en position de vulnérabilité, on rencontre un grand nombre de ce qu'il est convenu d'appeller des "abuseurs". 
Il s'agit de personnalités fonctionnant sur le schéma relationnel pathologique "Victime-Bourreau-Sauveur".  
Dans le cas de Patrick, le CRS qui a pour fonction de protéger (Sauveur) abuse de sa position et devient l'agresseur (Bourreau) puis la Victime (ici d'un prétendu outrage à l'autorité publique)... 
En très raccourci, voilà pourquoi on se trouve confronté à ce genre de situation. 
 
Pour lutter contre cette forme grave de l'abus de pouvoir, je pense qu'il serait indispensable de renforcer les connaissances en matière de psychologie chez le fonctionnaire de police. Il faudrait surtout qu'il puisse bénéficier dans le cadre de son travail d'une supervision -sous la houlette d'un spécialiste- tout au long de sa carrière. Ceci lui offrirait non seulement un soutien mais poserait également un cadre qui lui permettrait d'être optimal sur le plan relationnel; on ne nait pas un sale con, on le devient! 
nullnullnullnull
concerne : CRS Commentaire Pourquoi /Com
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 22-09-2008 15:20
Bonjour! 
 
Puis-je me permettre de vous demander que signifie ce "nullnullnullnull" accolé à mon commentaire?  
Merci, 
Véronique
aucune idée...
Ecrit par L'Interdit, le 23-09-2008 19:42
Bonjour Véronique, 
Oui, ce "nullnull" est un peu bizarre ! Il figurait à la fin de votre commentaire et correspond peut-être à une faute de frappe ? En tout cas, je n'ai pas de la possibilité de l'enlever. Je peux soit supprimer tout le commentaire (ce qui serait dommage !) soit vous demander de vous accommoder de cette bizarrerie informatique. Sachant que désormais l'offense est publiquement dénoncée ! 
 
Bien à vous 
En espérant que cela ne vous empêche pas de commenter d'autres articles ! 
 
Sylvain, pour L'Interdit
Chers amis, connus ou non,
Ecrit par Patrick Mohr, le 10-10-2008 16:25
Chers amis, connus ou non, 
 
...Car brusquement grâce à la vertu exponentielle d’Internet, mon cercle d’amis s’est élargi et des messages de soutien, de solidarité et de conseils ont afflué du monde entier. J’avais envoyé mon témoignage à des amis et connaissances pour qu’ils sachent ce qui m’est arrivé cet été et ceux-ci l’ont diffusé à leur tour, ce qui a fait boule de neige. Vous faites partie de ceux qui m’ont écrit pour m’exprimer votre soutien et parfois me demander ce que vous pouviez faire pour m’aider. Je vous réponds donc afin de vous tenir au courant de la suite de cette triste affaire d’agression par des CRS le 21 juillet dernier à 20h30 sur la Place du Palais des Papes en plein festival d’Avignon. 
 
Mon procès aura finalement lieu le 13 octobre à 8h30 du matin au Tribunal de Grande Instance d’Avignon, 2 boulevard Limbert. Je ne sais pas exactement à quelle heure mon cas doit être jugé, mais ce sera dans la matinée. Je suis accusé du délit d’outrage à agents et rébellion. C’est le monde à l’envers. Me voici contraint de me défendre, alors que je me suis fait agresser, humilier et ai été détenu dans des conditions déplorables pour avoir osé intervenir poliment dans le cadre d’un contrôle d’identité que j’estimais discriminatoire sur des artistes africains. On est dans la logique de la peur et de la répression. Comme de nombreux citoyens ayant eu le mauvais goût de s’exprimer, me voici forcé de faire face à des poursuites judiciaires onéreuses qui me prennent toute mon énergie. Je passe mon temps à voir des avocats, la Ligue des droits de l’homme ou des physiothérapeutes (je souffre toujours de douleurs aux vertèbres cervicales et dorsales et une partie de ma main droite n’a pas encore récupéré sa sensibilité suite aux lésions occasionnées par les menottes). 
 
 
 
Que pouvez-vous y faire ? 
 
Ceux qui se trouvent dans la région peuvent venir assister au procès. 
 
Ceux qui connaissent des responsables politiques ou culturels peuvent les sensibiliser à travers cette histoire au problème des dérapages possibles des forces de l’ordre. 
 
Ceux qui veulent m’aider à faire face aux dépenses engendrées par cette malheureuse affaire (frais d’avocats, de transport, de citation de témoins etc.) peuvent verser une contribution sur le compte postal que j’ai ouvert à cet effet : CCP 10-190329-5 code IBAN CH92 0900 0000 1019 03295 code SWIFT POSICHBE : je m’engage à reverser tout surplus éventuel à la section suisse de la Ligue des Droits de l’Homme. 
 
 
 
Malgré les circonstances, je ne veux pas oublier de vivre, de créer et d’utiliser mes armes que sont le théâtre, la parole, l’image. Pour cela, je pars 2 jours après mon procès pour créer « Chaque homme est une race » au Burkina-Faso puis au Mali. Je serai de retour à la fin de l’année à Genève. Ce sont mes projets qui me tiennent debout et c’est à travers eux que je veux exorciser cette violence et la transformer sur scène afin de ne pas devenir amer et aigri. 
 
 
 
Si vous faites circuler cette info, je vous prie de ne pas joindre mes coordonnées mail, et de ne pas m’écrire sauf dans des cas de grande importance, car je ne parviens plus à faire face à l’élan de solidarité qui me réchauffe le cœur mais risque de me submerger. 
 
 
 
Veuillez recevoir mes salutations les plus cordiales, et à bientôt, peut-être au tribunal, ou sur des planches plus inspirantes. 
 
 
Patrick Mohr
Ecrit par Martine (une cousine de Patric, le 11-10-2008 11:30
Information importante de dernière minute : le Procureur de la République à Avignon a accepté le 10 octobre 2008 de joindre les deux causes, à savoir le procès contre Patrick Mohr pour outrage et la plainte que Patrick a déposée pour les violences qu'il a subies. Cette jonction est une bonne chose pour Patrick, mais a pour conséquence que le procès est reporté à 2009, à une date non encore déterminée. Patrick en a informé ses proches, dont je fais partie, par e-mail le 11 octobre à 2:09 AM. Merci de diffuser cette information pour éviter que des personnes ne se déplacent pour rien à Avignon lundi.
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 15-05-2011 23:44
cest honteux je n'en reviens toujours pas quand je lis ce genre de temoignage, ce n'est pas normal en 2011 d'etre autant maltraité par les flics, de plus ils sont pour la plupart raciste donc arrete plus facilement les personnes de couleurs que les blancs. C'est vraiment degueulasse mais c'est comme ca. 
Qu'on s'etonne pas si des jeunes pete les plombs et ce rebelle contre l'état je suis tout a fait d'accord avec eux, j'en fais partit, c'est totalement injuste. J'espere que sa changera un jour.

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